Mes amours ? Je me suis éprise. Je me suis méprise. Je me suis reprise.
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c'est ici que peut-être...

ClairObscure
2.8.07 22:10


MIGRONS TOUS ENSEMBLE...

1.8.07 10:24


Pour répondre aux mails reçus et que je recevrai encore peut-être

non je n'ai pas effacé,

non nous ne nous sommes pas fâchés ni séparés

oui 20six est une honte sans vergogne

 

... J'aimerais bien qu'on nous rende nos textes -

1.8.07 10:18


30.12.06 23:25


L’acte d’amour, ses fragments, ses parenthèses

Je cherche les mots depuis quelques jours et je me trouve dispersée. J’écoute ce qui se passe, quelque chose bouge, presque imperceptiblement. (Toute personne étant - ayant été - malade de dépression connaît cette faculté d’écoute de (/vers) ce qui bouge, l’immobilité est si familière, si pesante).

D’où vient que l’amour se raconte ? d’où vient que l’amour s’écrit ? d’où vient que l’amour se doit de ressusciter en mots - autrement fort que ce que l’on en a vécu ?

L’amour se compose de tant d’images et de réimpressions. Qui me reviennent sans même que je les convoque. Et je comprends bien : ce que j’écoute est la fragmentation de ce que nous nous sommes offert.  

J’ai des fragments de vous qui surgissent, plus vrais qu’alors, significatifs soudain, et qui disparaissent à nouveau dans l’obscurité. Ressurgissent parfois encore. Jouent avec mon cœur.

J’ai des souvenirs aussi, ces images que je garde de vous en toute conscience, en pleine complicité. Que je cultive et que je chéris aussi, parce que je suis sentimentale, il est vrai. (Et voyez-vous il y a à peine quelques mois je ne l’aurais pas admis, cette part si communément féminine).

J’ai des réminiscences. Des tableaux de nous qui flottons dans des tonalités affectives – des couleurs, des odeurs, des sons, des atmosphères où nos corps sont flous, où nos paroles n’ont plus de contour, nos voix s’effacent. Demeurent des impressions, ce qui m’est le plus tenace des jours après, et ce que je retiendrai sans doute des années après nous.  

Puis j’ai d’autres images qui sont là, fidèles, que je n’ose pas affronter. Votre visage par exemple. Je peux l’invoquer là devant moi en une dizaine d’expressions différentes et pourtant mon cœur se serre et j’évacue l’apparition - vite en clignant des cils -, vous savez, un peu comme on n’ose pas regarder dans les yeux quelqu’un qui pourtant attire le regard et l’attention. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que ce sont les images les plus fidèles à la réalité, celles que l’on craint d’user, ou de transformer par la seule faculté de porter un regard dessus. Celles que l’on ne voudrait pas trahir. Que l’on voudrait éternelles.

Parfois j’ai peur que tous ces mots vous effraient – que l’excès peut-être (non! pas l’excès, ni la ferveur), mais simplement la transcription fidèle de cette plénitude qui m’accapare, qui me transforme en énergie inespérée, vous pousse à vous retrancher  dans le refus, dans la peur peut-être que je m’avance de trop.

Pourtant – tout ceci n’est que mots. Que transcription. Un phénomène dont vous êtes l’instigateur malgré vous, et que j’ai décidé d’assumer pleinement. Car avant de se demander pourquoi l’amour se raconte, on peut se demander par quelles coïncidences (pas de hasards, mais bien coïncidences) il naît, puis par quel miracle il se poursuit quelque temps (et je ne crois pas au phénomène d’aveuglement, je crois à la nécessité des corps et des volontés) - toute une recette dont nous ne connaissons ni vous ni moi tous les ingrédients. (Il y a toujours cet angle mort dans notre vision.)

Tout ceci n’est que mots donc, que la mise en frontière de mes sentiments mouvants. On engrange d’abord, puis on négocie ce que l’on a engrangé, puis on échange ce que l’on possède, puis l’on transcrit ce que l’on a transmis pour mémoire, pour les temps à venir, et commence l’histoire. L’Histoire a commencé par l’écrit. La nôtre parmi d’autres n’y échappe pas. (Commence l’histoire, puis conjointement la mémoire, les dépôts de mémoire, puis l’oubli, puis le devoir de mémoire, apparaît alors les besoins étranges de porter sens à ce qui nous précède et d’anticiper ce qui nous prévient, alors je préviens : )

Arrivera bien sûr la dernière question qui brûle. Pourquoi s’achève l’amour ? comment se tarit-il ? C’est un mystère sur lequel je ne me pencherai pas maintenant (même si peut-être votre expérience vous apporte la clé, la mienne pas encore) – quelque soit le moment de tarissement (qu’il vienne de vous, qu’il vienne de moi), qu’il ait eu lieu déjà en silence, ou s’il aura lieu la prochaine fois ou bien plus tard encore, ou jamais tout à fait pour vous ni pour moi ni pour nous deux (comme tout cela se décline en plusieurs nuances et en retenue, n’est-ce pas), non je n’y pense pas encore (oui cela m’effraie, oui vous savez que je l’accepte désormais) – il sera toujours bien assez tôt pour l’écrire –

et je pense écrire longtemps encore – sur nous aussi.

 

 

(Klimt, L'arbre de vie - la copie est mauvaise, je sais, j'en suis désolée)

30.12.06 23:26


à celle qui connaît mon retard matinal

Il faut que je raconte – qu’au bout du téléphone j’ai reçu une petite voix qui ne comprenait pas qui l’appelait, qui ne s’attendait pas à m’avoir.
Il faut que je raconte la douceur dans sa voix parfois affaiblie, les sons chantant, son rire aux éclats étouffés et doux, la vie dans les gestes que je ne voyais pas à l’autre bout de l’Europe.
Il faut que je raconte le bonheur de retrouvailles d’une première rencontre. Du lien improbable, de mots intimes qui ont raconté aussi l’envers de la vie, qui ont soufflé sur la mémoire de son père.
Il faut que je raconte le velours sur mon cœur, l’hésitation dans mes pas, la peur de brusquer, de ne pas comprendre sa maladie, ni son enfer à elle.
Il faut que je raconte la simplicité de son accueil, que je raconte l’amour dont on l’entoure, sa solitude. Et ce don de vie qui rayonne d’elle. Ses façons de déverser puis soudain sa retenue, une peur de trop envahir.
Il faut que je raconte que je ne tends pas la main. Il faut que je dise que je tends l’oreille, que je tends un bout de mon cœur. Que j’espère.
Il faut que je vous raconte ma Térèze, comme un hasard inattendu – comme une évidence désormais.
30.12.06 23:26


mes soeurs, mes compagnes

Elle élonge le fil enroulé par une boucle au doigt jusqu’à le tendre. D’un geste aisé et de la main droite elle le coupe, un coup sec, et le laisse voleter au sol sur le tas d’autres fils. Elle renoue son doigt au prochain fil qui pend, tire, coupe, drope. Ses avant-bras dansent de fil en fil, et les mouvements se répètent gracieux et graves, au rythme d’une mélodie insondable que l’on devine sans entendre.

« Ma sœur avez-vous déjà songé qu’il nous aurait fallu être quatre… »
« De quelle étrange idée me faites-vous part, soeurette ?»

La jeune femme qui avait la première interrompu le long silence enveloppant les femmes réunies sur le métier à tisser depuis on ne sait combien de temps soupira, agacée peut-être qu’on ne la comprenne pas à demi-mot.

« Ne vous êtes-vous donc jamais inquiétées de tous ces fils qui s’amoncèlent à l’entour et personne ne râtelle jamais… »

Les deux autres femmes ne prennent pas la peine de répondre et poursuivent en silence leur besogne minutieuse.

L’aînée parfois lâche l’ouvrage et ajuste les lunettes sur son nez, puis plonge à nouveau ses doigts aux fils de mille couleurs qu’elle tisse les uns aux autres selon un dessin de tapis qu’elle crée au gré du temps qui passe, chaque couleur en appelant une autre, chaque figure inspirant un dessein original ou redondant.

La cadette choisit les fils, les enroule, les apprête aux côtés de la sœur qui tisse. Aveugle de naissance elle poursuit sa tâche dans un remuement heurté mais efficace.
La sœur puînée inspire au plus profond de son cœur, tire, coupe, drope – avec désinvolture.

« Mes sœurs, je vous en prie répondez, avez-vous déjà songé que nous aurions pu naître de sexe masculin ? »

Les sœurs se taisent, toutes deux, d’un air consciencieux.

« Que serait le monde si nous étions des hommes ? Mes sœurs, mes compagnes, y avez-vous songé ? »

« Le monde serait ni plus ni moins, concentrez-vous, et taisez-vous donc…»



Parenthèse musicale
30.12.06 23:26


non mais oh !

J'aime bien recevoir, penser à acheter des fleurs, préparer de petits repas pour deux, j'aime bien qu'on traverse Paris pour me voir, qu'on se contente de mon petit lit et de sa couette, de ma chambre éternellement inachevée, de mon mur couleur figue, j'aime bien, oui
- mais entre nous, dites, qui c'est qui se tape le fantôme après votre départ, hein ? Vous savez, ce fantôme qui se prend pour vous et me rappelle qu'il y a quelques heures encore vous m'embrassiez là, et puis là et encore là, hein ! et aussi là et ici...il veut pas virer de mon lit, je vous assure ! Je serais vous, je serais jaloux, si, si.

non mais oh !


(promis, demain j'achète de la lessive pour le faire fuir)


Texte inspiré par cette chanson de Rose
30.12.06 23:26


Mon criminel (Acte 1)

Quand ton corps touche

A mon espace vital,

Quand tu prends ton air louche,

Quand tu pousses

Ta langue dans ma bouche

 

Arme légère, drogue douce et boisson forte

 

Tes poses de star

Sur un drap vert dollar bleu océan

Ma criminelle Mon criminel

Quand tu roules dans mon lit

Et que tes caresses sentent le cuir sel

 

Quand je sens ma fin venir

Et que tu m'arraches un dernier soupir

 

Arme légère, drogue douce et boisson forte ...

 

 

Quand ton corps touche...
30.12.06 23:26


Hommage tardif mais senti à William Styron

 

 E quindi uscimmo a riveder le stelle

(sur le fragment de la Rhapsodie pour Contralto

bien sûr)

30.12.06 23:27


ressac

Tout est aspiré dans ce point central - placé bien au fond du ventre. Aspiré.

le lit

se recroqueviller sur ses tibias à plat, les bras sous la pointrine, sentir le reflux de tous ses nerfs. Le corps se désinfiltre. La fêlure se désemplit. Carapace.

Ouvrir la bouche. Parce que je veux crier. Hurler. Et un petit filet de voix suraiguë.

l'implosion enfin - et le corps pour digue. Flux violent - chaotique. Bruyant par vagues de mots blessants - je hais

la douche

bien au chaud - se dire que je savais, c'est vrai - que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même - et puis finalement ne s'en prendre à personne

le miroir

savoir que cette force aura un impact - que l'insensibilité suivra l'implosion, moyen de préservation fantastique -

que la colère n'est déjà plus là - et que je me travaille bien. Que j'aurai l'oubli difficile - mais que j'aurai l'oubli.

  

 

 

(Arno Rafael Minkkinen Self-portrait, Narragansett, Rhode Island, 1973)

30.12.06 23:27


J'ai veillé. La honte au coeur. Je passe de choc en choc en peu de temps. Pourquoi maintenant, pourquoi avec lui, pourquoi par lui ? je ne sais pas.

Vous vous rendez compte combien vous avez agi avec orgueil, que vous avez poursuivi un chemin qui tournait en rond alors même que vous croyiez avancer. Vous oubliez les autres, ne voulez plus les entendre, ni les voir, vous croyez que c'est un choix réversible, mais vous finissez par ne plus les entendre du tout, vous n'avez plus la capacité de les atteindre, de les voir, de les toucher. Vous-même vous êtes comme de glace, et vous dites que vous êtes de pierre, plein de morgue.
La colère que j'ai éprouvée hier est le début. Colère, sommet de mon orgueil.

Soudain pour la centième fois vous agissez avec votre égoïsme devenu habituel, et lui il est là avec ses propres douleurs et sa vie à lui, et vous recevez la claque qui ébranle votre petit monde. Et vous vous retournez, il y a lui, que vous ne savez plus très bien combien retenir tellement la honte ce sentiment que vous refusiez jusque-là vous envahit d'un coup.

Il y a lui, mais il y a ce cortège de fantômes dont vous vous êtes longtemps cru poursuivi, alors il s'écarte (pour combien de temps ?), et derrière lui vous vous rendez compte que ce ne sont pas des fantômes, mais bien des êtres humains, et qui ne vous suivent plus, mais que vous avez blessés et qui ont poursuivi leur vie avec cette blessure parmi d'autres bien à eux.

Alors vous redevenez humain, peu à peu. De la chaleur vous envahit. Vous pleurez vraiment, pas des larmes de circonstance, mais des larmes que vous aviez retenues. Votre coeur douloureux, mais battant. Et vous éprouvez enfin des choses, tout ce que vous ne ressentiez plus depuis longtemps. Où est donc passée cette petite fille pleine d'attention(s) pour les autres ? Où est donc passée cette admiration pour la générosité ?

Tous ces dégâts auxquels je dois faire face. Tout ce champ de défaite. Toutes ces personnes chères que je voudrais retrouver. J'ai peur. Mais je vais affronter enfin - sans bien savoir encore le chemin de la réconciliation -

parenthèse musicale
30.12.06 23:27


j'ai 26 ans...

je dois sortir de cette médiocrité avant que je n'aie à mentir de ce que je suis

- comme quoi quelques nuits de peu de sommeil qui s'enfilent, une soirée de quelques verres de vin, à parler de la seule nana que nous ayons baisée tous les deux sans oser se le dire l'un à l'autre, un film et le froid -

suffisent à me plonger dans...une forme de solitude - où je me réjouis d'avoir pensé à acheter du chocolat noir hier après-midi.


(Et encore j'arrive pas à me sortir de la tête qu'un homme un jour a prostitué mes moments chocolats aussi - le plaisir égoïste a ses limites aussi - tout a des limites)


Parenthèse musicale
30.12.06 23:27


des mots dans la rue

Il pleut : je me réfugie un instant sous l'abri, une petite fille et sa maman sont assises.

La petite a pleuré, elle a une mine boudeuse, ses yeux sont rouges. Tu me laisses une place, je lui demande en regardant sa maman. Elles se poussent sur la droite. La fillette tient une poupée dans la main, elle doit avoir trois ans, enfin je crois.

Je lui souris et elle me dit : "elle est devenue morte". Qui ça, la poupée ? Oui, qu'elle me répond. Il lui en a fallu du temps pour mourir ? Oui, répond tout bas la fillette.

Sa mère nous regarde d'un oeil amusé. La petite poursuit, elle imite grand'père. La mère s'indigne : Ne raconte pas de bêtises, chérie (puis s'adressant à moi), le père de mon mari est gravement malade, mais il va pas mourir ma chérie (s'adressant à nouveau à son enfant).

Puis elle me sourit encore d'une voix qui ne concernait que son enfant : on ira acheter des piles demain d'accord, tu verras, elle pourra pleurer encore ta poupée. Demain, d'accord ?

 

(la chanson qui me trottait dans la tête à ce moment-là 

entre parenthèses)

30.12.06 23:27


jardin en friche et autres inconséquences

Une histoire amoureuse est toujours truffée de déjà-vécu. De gestes que l’on reproduit, de situations survenues une ou plusieurs autres fois avec un autre. Des lieux par lesquels on passe encore, qui parfois sont empreints de fantômes d’un aimé-avant. Des mots que l’on redits ou que l’on a déjà entendus. Des facéties, des atmosphères, des envies redondantes. Que l’on ne peut pas deviner dans le cœur de celui qu’on désire au présent.   

Parce que l’amour est expériences n’est-ce pas ? Parce que l’amour est un apprentissage, oui ? Parce qu’il est coutume aussi. Parce que l’on a appris autrefois et que l’on reproduit en bon élève ensuite ?  Parce que l’on partage son savoir-faire…si ?

Et quand on a beaucoup de déjà-vécu, dites, est-ce que l’on est à l’abri de l’inédit ? Est-ce que je poursuivrai mon chemin en perdant mon rêve d’être l’unique ? Ai-je péché d’avoir cru enfant que je serai un jour le centre de mon amant ? et qu’il serait mon centre de rayonnement, à égalité et pour longtemps et bien après le désastre commun ? Oui, j’ai rêvé de cela quand j’étais petite. Je ne voulais pas être infirmière ni maîtresse d’école ni astronaute, je voulais être entière à mon amant, lequel ? qu’importe ! la vie devait me le dévoiler un jour. Déjà orgueilleuse, oui. Sans prétention pourtant.

Est-ce que j’atteindrai un jour où l’amant ne sera rien d’autre que je n’ai déjà vécu ? En vous aimant est-ce que je perds la faculté d’aimer davantage celui qui vous suivra et ainsi de suite ? Produisons-nous, vous et moi, du déjà-vécu avec ce qui nous étonne de nous ? Et vous souviendrez-vous de moi, de nos nuits, de mes mots et de votre regard sur moi ? Oserai-je vous oublier comme je me suis astreinte à en oublier d’autres par peur de regretter et d’errer dans le passé ?

Vous qui êtes plus âgé, vous qui savez le chemin que je prends, vous qui avez cheminé plus loin, avez-vous ne serait-ce qu’une once de réponse…vous-même n’en êtes-vous toujours pas sûr, toujours pas las non plus, toujours à l’affût ?

 J’ai tellement peur de ce que je suis parfois. Et l'impression d'avoir trop avalé.

 

(je résume la thèse : la faculté d'aimer se dégrade-t-elle naturellement ?)

 

 

 

(Francesca Woodman, série : Early, 1972-1975)

30.12.06 23:27


Symptômes

On m'a dit tu as l'air fatiguée. On m'a dit tu as l'air pâle. J'ai mal à la tête, j'ai des courbatures. Et je saigne. Je saigne comme jamais je n'ai saigné. La nuit je dois me lever une ou deux fois. Tout coule hors de moi et cela m'épuise.

Je n'ai rien senti venir. Peut-être au restaurant ce soir-là, il m'a fallu me lever et aller aux toilettes, j'ai senti comme quelque chose, mais non, j'avais dû rêver, ma pisse était blanche.

Pourtant cette nuit-là toujours, j'ai enfin ouvert les yeux pour le regarder, et j'avais du sang sur la cuisse. Il le savait et n'a rien dit. Il m'a léchée et n'a rien dit.

Le matin qui a suivi, je me suis levée seule. Et j'ai compris. Il y en avait partout. Sur les draps, sur le matelas, par terre en flaque, trois marques de doigts et de sang séché sur le mur blanc.

Je n'avais rien senti venir. Une légère boulimie oui, mais c'est tout. Deux moments d'angoisse l'avant-veille quand en pleine nuit j'ai cru que ma mère s'était suicidée. Et le jour d'après.

Voilà, j'avais compté sept jours, il en avait compté dix depuis notre première fois. J'attendais mes règles provoquées par la pilule, artificielles. Elles sont arrivées avec beaucoup de retard.

Un peu comme si j'attendais qu'il soit là. Qu'il m'accompagne dans la suite et la fin de ce désir bridé.

Et si je me suis sentie dans l'embarras, et troublée, de ne m'être rendu compte de rien pendant nos ébats, et si j'ai été stupéfaite de la coïncidence, nos rencontres portent toutes une symbolique du hasard qui rend mon amant beau et cher.

(En outre, ça m'apprendra à ne plus fermer les yeux)

                          

30.12.06 23:27


carnets de voyage intérieur (extrait 1)

* Tout change sans cesse. Les corps pour traces. Et je pense en vrac. Au désir. Le désir est l'impossibilité de mots, mais n'est pas silence pour autant. 

* Le corps est le seul moyen de transmission du désir alors même qu'il est l'intermédiaire de trop.

* Corrélatifs du désir non le plaisir, ni la douleur, mais la plénitude et le vide.

* existe-t-il le mot qui aurait pour définition "oubli de soi par l'autre désiré" ? en français, dans une autre langue ?

* existe-t-il le mot qui aurait pour définition "perte de soi par l'autre qui vous désire" ? en français, dans une autre langue ?

* désir - forme absolue qui connaît des dérivés.

* et vous laisse pantois dans un trop plein et un pas assez qui se ressourcent. La source en montagne ou en mer ?

* face au désir - c'est comme être face à la mer debout seul - même sensations

* le désir : brutalement face aux propres limites de son individualité qui hurle à l'extériorité, or qui prend avale serre presse intègre dans un mouvement inverse (compensation ?)

* cogner contre des murailles d'identité à franchir, à transgresser, à faire tomber - murailles de protection : qui endigue l'intérieur et qui infiltre difficilement

* désir : être hors de la durée, du temps, sans devenir, le vrai n'a pas de passé. N'engage pas. Se vit. Ne se ressent pas. Se vit.

* désir : vivre/crier son humanité par un retour forcené à l'animalité.

* "It's too dark to see the landmarks (...) you're everything we can't see (...) you're the possibility"

* "qu'y a-t-il au delà des mots ?"  - sujet de ma première dissertation de philo à rendre au lycée Condorcet - mon premier hors sujet aussi. Je persiste et signe : le désir.

 

 

(Bill Brandt : Hampsteadt 1953)

30.12.06 23:28


Mon boucher

Mon boucher a des mains immenses et quand il aplatit une escalope de veau il appelle ça une caresse de boucher

Mon boucher a une moustache bien fournie comme à l'ancienne

Mon boucher préfère les rillettes d'oie, moi aussi, il en mange pour son petit déjeuner à 3 heures du matin, moi pas

Mon boucher déplore la pénurie de bouchers à Paris, il désespère d'avoir un commis un jour pour l'année

Mon boucher a un copain commis qui ne vient que pour les fêtes de Noël et les vacances de Pâques

Ce commis est un chaud lapin, d'ailleurs qui a sauté...non, je ne vous le dirai pas, mais heureusement pour lui ma petite soeur était majeure

Mon boucher il me donne ce que je préfère en fin de matinée le samedi, les chiffons de jambon qui sont tombés sur le plateau de la machine à trancher

Mon boucher chante dans sa pièce réfrigérée à chaque fois qu'il y entre : "Mon beau lapin roi des forêts" et si vous commandez un perdreau : "mon beau perdreau roi des..."

Mon boucher est un très mauvais charcutier

il déteste les légumes, et pour l'embêter je vais au marché lui acheter des poireaux, alors il fait la grimace

Mon boucher dit à chaque fois que sa femme entre dans la boutique : "Madame, c'est pour quoi ?"

Mon boucher, il est fier de ses trois fils et de ses chiens de chasse parce qu'ils le rendent heureux

Mon boucher il s'engueule avec tous les Bretons du quartier, mais il les aime bien

Mon boucher lance "Adichat" à tous les Béarnais qui passent par la boutique et "Kenavo ar wech all" aux Bretons

mais il ne répond jamais au nazi du coin qui le traite d'Auvergnat et qui lui dit en partant : "Auf wiedersehen"

Si on lui dit : "donnez-moi un bon morceau de viande bien tendre", mon boucher répond "ah non ici on ne vend que des semelles"

Mon boucher a ses têtes et envoie balader ceux qui l'énervent, bons ou mauvais payeurs

Mon boucher n'annonce jamais les prix au-dessus de 40 euros

Mon boucher n'est pas beau, beau. Mais il est beau un point c'est tout.

Mon boucher aime jouer à deviner le poids de la viande qu'il découpe. Il y réussit 99 fois sur 100.

Cela confirme que personne n'est parfait, mais que mon boucher l'est presque...
30.12.06 23:28


       J'ai souvent rêvé que je serais la source et le point d'orgue    des hommes que j'aime - où sont passés mes rêves ?   

                         

30.12.06 23:28


parce que je ne sais pas pourquoi...ou parce que je suis comme ça aussi

Il écrit :

(5 novembre)

Hello,

J'espère que tu vas bien...si je t'ai recontacté c'est que j'ai cru comprendre que tu souhaitais qu'on se revoye, Fiona (moi aussi d'ailleurs!)...j'ai cru comprendre aussi que tu n'avais pas forçement aussi d'un truc sérieux, en tout cas pas avec moi (peut-être que je me suis trompé!)...

Je t'embrasse.


(5 novembre)

Fiona, c'est dommage ton silence...j'ai vraiment apprécié notre rencontre... je pensais que c'était partagé...j'espère que tu ne t'ai pas trop formalisé par le teneur de mes SMS qui ne représente qu'une petite partie de ce que je suis...Mais bon, tu es sensuelle, c'est plutôt un compliment chez moi...

Bonne soirée à toi.

Je t'embrasse.


(6 novembre)

Bonsoir,

Ton silence parle je sais!...simplement, cela m'aurais intéressé de savoir pourquoi??...Depuis que je suis sur ce site, il y a des choses qui m'échappent...simplement pour ma gouverne personnelle, sans prise de tête, aucune...tout va tellement vite, on se rencontre, on couche...par exemple, question: avais-tu envie d'un truc sérieux avec moi???

Je t'embrasse.


(8 novembre)

J'ai envie de toi...et de ton corps, de ton coté sans tabou...si on se voyait?



(8 novembre)

Fiona, je voudrais juste que tu me dises pourquoi?...je te demande juste cela...j'ai besoin de savoir...



(10 novembre)

Ta personnalité me plaisait...ton coté littéraire m'attirait
également...j'ai certainement pas montré une fidèle image de
qui j'étais au travers mes mails et SMS...tant pis pour moi
si j'ai été maladroit...on perd certains principes
élémentaires lorsqu'on fréquente Meetic...



(11 novembre)

Ecoute, je sais que tes silences sont des messages...j'aurais toutefois voulu que tu me répondes, juste une fois...j'avais juste besoin de savoir si cela venait de moi ou de toi...c'est tout...je ne t'en veux absolument pas...c'est juste pour moi, si tu veux...je te le répétes encore une fois mais il me semblait que tu voulais qu'on se revoies...besoin de savoir c'est tout si ce sont mes mails un peu "chaud" qui t'ont effrayé ou si tu as rencontré qq'un...c'est tout!!!!

Je n'aurais jamais insisté si je ne t'avais pas senti ok pour qu'on se revoie...

Je t'embrasse


(11 novembre)

Ceci dit, même si tu es silencieuse...j'aimerai beaucoup repasser un moment comme celui de l'autre jour avec toi...comme je te l'ai dit, je n'ai plus ton numéro...appelle-moi, si tu veux au (…)



(14 novembre)

...réponse n'aurait pas fait de mal!!...le problème si tu veux c'est qu'à force de t'envoyer des maills comme ça, je me sens complètement hors propos...si tu veux, c'est vraiment pas moi!...

Je t'embrasse.


(14 novembre)

Laisse-moi une chance de te montrer qui je suis vraiment...le problème du virtuel c'est qu'il ne donne pas une image fidèle de qui on est...j'aimerai te raconter le sujet de ma pièce, que tu montres tes publications...je t'ai paru faire du forcing...mettre en exergue de manière trop avenante mes envies sexuelles...ne me réduis pas à cela...même si je l'ai cherché...j'ai vraiment apprécié le moment partagé avec toi...ton besoin d'affection m'a touché...je suis désolé de ne pas m'être montré tel que j'étais...j'ai joué bétement au mec Meetic qui a envie de tirer son coup...mais je suis beaucoup plus que cela...

Bye...
30.12.06 23:28


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